
Présentation du Budget 2004 le 29 septembre 2003 par le Ministre de l’intérieur aux organisations syndicales de la DGA Déclaration de la représentation FORCE OUVRIERE Monsieur le Ministre, Lors de votre présentation aux préfets, le 27 septembre 2002, du budget 2003, vous affirmiez : " ce budget permettra enfin de mettre un terme à la baisse permanente des crédits de préfecture ". La loi de finances, à peine votée par le parlement, était amputée par le gouvernement du gel de crédits de fonctionnement des préfectures, à hauteur de 20% et des reports de crédits 2002 (y compris pour les préfectures expérimentatrices de la globalisation). Dans le cadre de la " culture de la performance " que vous souhaitez développer, avez-vous chiffré le temps perdu par les fonctionnaires à gérer les difficultés liées aux gels de crédits, à programmer, déprogrammer les actions ? Et maintenant, comment les préfets pourront-ils engager correctement, en moins dun mois, notamment en matière de travaux, les crédits que le Premier ministre vient de leur rétablir ? Quadvient-il des formations abandonnées en 2003 faute de crédits ? Même chose pour laction sociale ! Au-delà, quelle crédibilité pouvons-nous accorder au projet de budget qui nous est présenté aujourdhui ? Loin de permettre " enfin de mettre un terme à la baisse permanente des crédits de préfecture ", le projet de budget 2004, en ce qui concerne ladministration territoriale, est encore une fois un budget daustérité et de récession. Alors que la globalisation des budgets des préfectures est généralisée dès 2004, aucun effort financier na été fait pour leur mise à niveau préalable. A croire que lexercice de leurs missions importe moins que la maîtrise comptable des dépenses. Cette généralisation nétant pas finalement appliquée aux départements doutre-mer contrairement à ce qui nous a été annoncé encore récemment, ne permettra même pas labandon de la double gestion tant attendue par nos collègues. Vous supprimez déjà 89 emplois (160 emplois daprès le ministère des finances, la différence nest pas neutre !), tout en expliquant que les préfets vont disposer, grâce à la fongibilité des crédits, de " marges de manuvre ". Cest un leurre et les premières expérimentations lont démontré. Les marges de manuvre, nous le savons, sont produites par la suppression demplois, le non-remplacement des départs, par lexternalisation ou la suppression des tâches, ce qui revient souvent au même : par exemple nos collègues ont constaté depuis de nombreuses années que le ménage nest plus fait correctement dans les bureaux depuis quil est externalisé. Si le coût a été réduit, cest au détriment de la qualité, car chaque agent est obligé de nettoyer ses meubles. Et faut-il se vanter " urbi et orbi " davoir réduit les coûts daffranchissement grâce au contrôle de gestion, à lheure dinternet ? Concernant le régime indemnitaire des personnels du CNP, les mesures nouvelles sont en diminution de 50%. Nous sommes toujours très loin de lharmonisation sur la préfecture la mieux dotée, souhaitée par votre prédécesseur Jean-Louis DEBRE en 1996. Quant à lalignement sur les primes des personnels de ladministration centrale, elles restent notre objectif ; nous aimerions savoir à cet égard quels sont les projets concernant la fusion des corps (préfecture, centrale et police) que vous avez déjà préconisée devant nos collègues de FO Police et dont nous nattendons rien de bon compte tenu de la teneur des débats qui ont déjà eu lieu en matière statutaire au cours de lannée 2003 et du manque dattractivité des projets en cours. Nous réaffirmons ici notre opposition au démantèlement du statut de la catégorie A du CNP, contraire aux intérêts à long terme de nos collègues, le saupoudrage de quelques points de NBI ne compensera jamais la perte des possibilités davancement statutaire. Seul le corps préfectoral bénéficie dun régime de faveur, en matière indemnitaire et statutaire ! Concernant les crédits ouverts pour le rattrapage du régime indemnitaire des fonctionnaires des services techniques et du matériel (81.600 en 2004 contre 250.593 en 2003), prennent-ils en compte nos collègues affectés dans les SGAP dont le dun taux dobjectif est décalé dun an par rapport à celui des agents affectés en préfecture ? Concernant lavancement pour 2004, alors que les CAP locales se tiennent actuellement, nous aimerions connaître le nombre de postes offerts. Dans le cadre du plan de requalification des agents en adjoints, il était prévu 2.500 créations demploi dadjoint administration à raison de 500 par an, votre budget nen prévoit que 115, encore moins que lannée dernière ! Quand aux 3.000 emplois de secrétaire administratif promis, ils sont passés carrément passés à la trappe (seulement 70 transformations demplois de C en B en 2003 et rien nest prévu pour 2004) ! Comment comptez-vous continuer à motiver nos collègues, qui déjà cet été se sont vus amputer gravement leurs droits en matière de retraite, dont les conditions de travail sont de plus en plus difficiles et dont les mérites ne sont jamais reconnus autrement quen paroles ! |