
Compte-rendu de la réunion de« l’instance d’évaluation de l’expérimentation de la globalisation » présidée par le DGA le vendredi 19 décembre 2003 à 15H30
Cest semble t-il " in extremis ", juste avant la " trève des confiseurs ", et à lheure " historique " de la mise en uvre effective de la généralisation de la globalisation, dès 2004, que ladministration sest rappelée que cette instance, quelle avait créée pour vanter les mérites de la nouvelle procédure budgétaire, navait pas été réunie depuis près dun an ! (Cf compte-rendu de la réunion du 4 février 2003, repris dans le numéro 96 de notre bulletin InFO Préfectures daté de mars 2003). Lordre du jour de cette réunion portait sur :
Ce programme a été un peu bousculé par la teneur réelle des débats.
Ce calendrier simpose au Ministère de lintérieur, et ne se réduit pas, loin de là, à la généralisation de la globalisation. Notre délégation a rappelé que la loi organique relative aux lois de finance n°2001-692 du 1er août 2001 impose à ladministration de définir la nouvelle maquette du budget de lEtat, avec une nouvelle structuration, en missions (qui peuvent être interministérielles), programmes (ministériels) et actions, pour la fin 2003. Lancienne spécialisation par nature de dépenses (crédits dintervention et dinvestissement, et par ailleurs crédits de personnel, de fonctionnement et déquipement des services) a été supprimée par cette loi. Cette loi exige également que, pour toutes les actions, des objectifs et des indicateurs soient définis dans le courant du 1er semestre 2004. De plus, dès septembre 2004, une version test du budget 2005 doit être présentée, suivant les préconisations de la LOLF. Tout doit être réglé dans 6 mois ! Cest donc légitimement que nous nous interrogeons sur les orientations en cours, et que nous estimons bien tardif, décalé, voire désormais hors de propos, le semblant de bilan effectué à la va-vite, avant les congés de fin dannée, sur lexpérimentation de la globalisation. En labsence de toute information de la part du Ministère de lintérieur, nous nous étions procurés le rapport de la Commission des finances sur la mise en uvre de la LOLF, en date de juillet 2003. Ce rapport est très critique sur laction du gouvernement en général, du Ministère des finances et du Ministère de lIntérieur en particulier Il leur reproche davoir mis la définition des missions au second plan, après le découpage entre programmes, ce qui empêche une réflexion interministérielle, alors que le législateur souhaitait saffranchir des découpages administratifs en votant ensemble des programmes qui concourent à une même politique. Les dérives pointées par la commission sont, pour résumer :
Cest bien cette logique de fongibilité horizontale qui transparaît dans le nouvel organigramme du Ministère de lintérieur, avec la création du Secrétariat Général comme support dun programme. Nous avons souligné le paradoxe qui consiste à présenter une réforme comme un renforcement du pouvoir législatif en matière budgétaire, alors que les parlementaires dénoncent des pratiques contraires ! Nous avons réclamé des informations sur le périmètre des programmes et les missions intéressant les préfectures, et leur articulation au niveau local. Nous avons demandé également une information poussée sur la mise en uvre des différents systèmes informatiques, et leur mise en compatibilité. Notre intervention a conduit le DGA à promettre que la mise en uvre de la LOLF concernant les préfectures serait présentée en CTP central au printemps. Selon lui, le travail effectué en la matière nest " pas stabilisé ", et ne peut être expliqué avant. Il savère donc que le Ministère de lintérieur, loin dêtre en avance sur la mise en uvre de la LOLF, comme on tentait de nous le faire croire, à propos de la globalisation, est en retard par rapport aux échéances fixées par le législateur !
Ladministration se montre beaucoup moins sûre delle sur les avantages de la globalisation. Maintenant que le principe de la généralisation est acquis, elle accepte de reconnaître un certain nombre de vérités que nous étions seuls à affirmer les années précédentes. Le DGA indique quil sagit " dadapter les moyens aux priorités " (et non aux missions, comme on pourrait lespérer). Il rappelle que les budgets locaux sont en " liberté surveillée ", du fait du double plafond que la fongibilité doit respecter. Il sabrite derrière le débat budgétaire en cours, et la presse du jour, pour expliquer que les préfectures nouvellement globalisées ne bénéficieront pas des mêmes avantages, et de la même mise à niveau que celles qui avaient démarré lexpérimentation ; autrement dit, cette expérimentation nen était pas une, cest bien ce que nous avions annoncé ! Il se dit conscient du fait que les différentes préfectures ne disposent pas toutes des mêmes " marges de manuvre ", y compris au sein dune même " strate ", ce qui veut dire que les plafonds deffectifs et de masse indiciaires tels quils ont été fixés ne sont pas satisfaisants ; il affirme à ce propos quun nouveau " rebasage " devra être réalisé " dans la durée " ; tant pis pour les préfectures qui ont actuellement de grandes difficultés ! Le DATAP souligne, comme sil sagissait dune gloire, que les préfectures globalisées en 2003 nont subi " finalement aucun dégât " au titre du gel 2003. Certes, mais le dégel tardif de certains crédits reportés a eu pour effet automatique dempécher leur emploi avant la fin de lexercice ! De plus, en 2004, il y a fort à parier que les préfectures étant toutes globalisées, elles prendront de plein fouet les nouvelles mesures de gel qui seront décidées
Nous avons rappelé nos interventions en CTP central, ainsi que lors de la présentation du Budget 2004 par le Ministre de lintérieur. Nous avons insisté sur le risque de " deshumanisation de la gestion des ressources humaines " que peut entraîner le culte du chiffre, et des résultats comptables. Suite à lensemble de ces critiques, le DGA a affirmé quil était nécessaire de repenser et approfondir le dialogue social. Affirmation parfaitement gratuite, au vu des conditions dans lesquelles il a présidé cette réunion ; la plupart des circulaires diffusées aux préfets par son prédécesseur et depuis son entrée en fonction ne nous ont pas été communiquées en temps utiles ; nous navons pas accès aux statistiques de ladministration, notamment en ce qui concerne ARCADE, le rapport de lIGA/IGF nous est communiqué quaprès coup Face à nos critiques, le DGA sest engagé à procéder à une présentation de linfo centre. Le rapport de lIGA/IGF, que nous avons pu lire après la réunion, comportait des éléments très intéressants, qui confirment nos analyses et nos craintes, que nous avions eu loccasion dexprimer en tant que représentants du personnel, notamment lors du CTP central du 3 juillet 2003. Nous vous livrons quelques morceaux choisis de ce rapport IGA/IGF :
(NB : FO y est sans doute pour quelque chose, avec les positions quelle a affirmées, notamment à propos de lARTT !)
(NB : cest du côté de la stratégie ministérielle de réforme quil faut maintenant regarder )
(NB : Nous nous perdons en conjectures sur ces pratiques Cette gabegie est notamment à lorigine de la réforme de lorganisation de ladministration centrale qui vient davoir lieu )
(NB : bien que mieux servies que les autres au moment de linitialisation de lexpérimentation, les préfectures globalisées nont eu de cesse que de se rapprocher de leurs plafonds pour parvenir à remplir leurs missions. Comme nous lavions dénoncé, les marges de gestion proviennent des vacances temporaires demplois et de lexternalisation des activités dites " techniques ".)
(NB : ce nest donc quune faible part des gains de productivité qui revient au personnel, et sa distribution est volontairement inégalitaire )
(NB : Le risque, nous lavons toujours dit, est que la rémunération individuelle, décidée au plan local prenne le pas sur les rémunérations statutaire et réglementaire ; laspect momentanément positif de ce régime indemnitaire local risque dêtre très provisoire compte tenu des restrictions budgétaires qui ne manqueront pas de venir par la suite )
(NB : lorganigramme des préfectures est remis en cause )
(NB :CQFD, inutile dajouter un commentaire !)
(NB : cest exact, et nous nous inquiétons des incidences de cette régionalisation de lEtat )
(NB : on imagine sans peine que ces interlocuteurs sont tous membres du corps préfectoral ; lintérêt de nos collègues va bien entendu à lencontre de ces préconisations !) La nouvelle convention a été signée le 25 septembre 2003, et fait lobjet dune circulaire diffusée le même jour. Elle est opposable aux contrôleurs financiers locaux. Un allègement des tableaux devant leur être transmis est prévu (3 au lieu de 30 !). La dotation budgétaire globale des préfectures est inscrite au chapitre 37-30 du budget du MISILL. Les crédits sont délégués avec une répartition indicative par nature de dépense (rémunérations dactivité, cotisations sociales, prestations sociales et allocations diverses, et autres dépenses de fonctionnement). En sont seules exclues : les charges de pensions, les prestations daction sociales facultatives du MISILL, les dépenses dinformatique et transmissions, les dépenses pour lorganisation des élections, les dépenses de contentieux, et les dépenses déquipement qui figurent dans dautres chapitres. Le préfet a la pleine responsabilité de lemploi de ces crédits, mais doit respecter les plafonds fixés par ladministration centrale (emplois et masse indiciaire) et les textes statutaires. Il est tenu de consulter le CTP local sur ce sujet. Une " ligne mutualisée " sera conservée au niveau national en cas d " accident ". La garantie de ressource est fixée à + 0,2% par an (au lieu de 0,3% les années précédentes ). A la question posée par FO, le DGA a reconnu que linsuffisance de ce taux de progression (au regard des avancements et changements déchelon notamment) conduira les préfectures à rechercher des gains de productivité Il est prévu de déléguer 95% des crédits en début dannée, et 5% début septembre. Les reports sont autorisés à hauteur de 8% des crédits de fonctionnement, au lieu de 3% des crédits globaux, ce qui constitue encore une baisse des marges de manuvre (en effet, les crédits de fonctionnement représentant 20% de lenveloppe globale, les reports seront donc autorisés pour seulement 1,6% du budget global). Les préfets devront " améliorer la qualité du contrôle de gestion " (sic !) et établir un compte-rendu dactivité, avec un bilan des résultats obtenus en 2003 et au cours des trois premiers trimestres 2004. Un " comité de pilotage de la préfiguration " est créé, en vue de dresser le bilan de la généralisation et datteindre " une mise en uvre intégrale de la LOLF dès le PLF 2006, pour le futur programme de ladministration des préfectures " quand on sait que le pilotage par objectifs nest pas du tout au point, et par ailleurs que le législateur ne souhaite pas des programmes fourre-tout, on se dit que ce comité a du pain sur la planche, et que les personnels de préfecture ne sont pas au bout de leurs peines ! |