
Stratégie Ministérielle de Réforme (SMR) et Directive Nationale d’Orientation (DNO)
La liquidation des préfectures et des sous-préfectures Rappelons que, par circulaire du 25 juin 2003, " relative aux stratégies ministérielles de réforme ", le Premier ministre a demandé à tous les ministres et secrétaires d'Etat de procéder à un réexamen systématique de leurs missions et des structures qui les servent, et de présenter devant le Parlement, à l'automne, des réformes de leur département ministériel en vue de " recentrer l'Etat sur le coeur de ses missions " tout en apportant un meilleur service aux Français, et au meilleur coût pour la collectivité air connu ! Dans ce cadre, en lien avec la décentralisation et la mise en oeuvre de la loi organique relative aux lois de finances, il est prévu également que le parlement autorise le gouvernement, chaque fois quil le demande, à " simplifier le droit " par ordonnances. M. Raffarin, fidèle à sa technique de communication-intoxication, osait prétendre, une fois de plus, dans cette circulaire que cest en" déléguant" ou " abandonnant " un maximum de missions que les administrations vont pouvoir " redevenir exemplaires en matière de qualité de service ". Quel mépris sous-jacent dans ses propos, pour lensemble des fonctionnaires qui, chaque jour, malgré la réduction des effectifs et des moyens, oeuvrent pour le service public alors même que tous les sondages auprès des administrés reconnaissent leurs qualités ! Notre Premier Ministre prônait également, encore et toujours, la "gestion prévisionnelle des postes, des emplois et des carrières " (GPEC), destinée à faciliter les destructions demplois en parallèle à labandon des missions. Il sagit en fait, chacun peut le comprendre, de complaire au MEDEF tout en se mettant en conformité avec les contraintes budgétaires décidées à Bruxelles. *** Se conformant à linstruction du Premier Ministre, le Ministre de lintérieur, Nicolas SARKOZY a présenté sa stratégie de réforme aux parlementaires à lautomne dernier, au moment du débat budgétaire. En tenant délibérément à lécart de la définition de cette stratégie les organisations syndicales représentatives du personnel, il a montré, une nouvelle fois, le peu de cas quil fait du dialogue social. Il fait une lourde erreur sil pense ainsi éviter les critiques et le ressentiment des personnels de préfecture ! Ce document souligne dès le départ que le Ministère de lintérieur exerce des missions par essence régaliennes. Cela nempêche pas lactuel titulaire du portefeuille de considérer que ces missions doivent toutes être simplifiées, mutualisées, contractualisées (avec les collectivités locales) voire externalisées, ou démantelées ! NB : La censure, et les réserves dinterprétation émises le 20 novembre 2003, par le Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la maîtrise de limmigration, au séjour des étrangers en France et à la nationalité ont montré quaucune des missions régaliennes, mêmes celles qui sont considérées comme " prioritaires ", nest, pour Nicolas SARKOZY et les parlementaires, à labri de la privatisation ! (il sagissait en loccurrence de lexternalisation du transport et donc de la surveillance de personnes placées en rétention administrative, mais notre Ministre a bien dautres idées, notamment en ce qui concerne la fabrication des titres ou certaines opérations électorales ) Dans les préfectures, comme dans tous les services de lEtat, une " intensification des efforts " va être demandée en matière de " gains de productivité ". Au stade où lon se trouve, avec, selon ladministration, une politique de " zéro vacance de poste " tellement les difficultés sont grandes pour parvenir à accomplir nos missions, il sagit, à lévidence, purement et simplement dabandonner à court terme lexercice de la plupart dentre elles. Le projet de " Directive nationale d'orientation " sur l'évolution des missions des préfectures constitue la déclinaison de la stratégie ministérielle de réforme, et le DGA, face aux organisations syndicales, la bien confirmé aux éventuels " malentendants " : il na aucune marge de manuvre pour modifier cette orientation politique. Les préfectures coûtent annuellement plus d'un milliard d'euros, et représentent 30 000 agents... à lavenir, lusager paiera, il faut "dégraisser" tout cela, dans la droite ligne du plan pluriannuel daction pour les préfectures, et du relevé de conclusions sur la GPEEC, quavaient cautionnés la CFDT et le SAPAP, à loccasion des " assises de la modernisation ". La GPEEC apparaît bien désormais pour ce quelle est : une sorte de " plan social " destiné à liquider des emplois ! La tranche dâge 40-50 ans étant la plus représentée, le démantèlement des services doit seffectuer autant que possible progressivement, à loccasion des départs à la retraite. Mais lindividualisation renforcée de la gestion des agents va permettre de leur " presser le citron " au maximum et jusquau bout ! En ce qui concerne la sécurité (intérieure, y compris police administrative, et civile), les reconduites d'étrangers à la frontière, l'expertise juridique, l'environnement, la gestion globalisée des crédits, y compris évaluation des politiques interministérielles, il est affirmé que ces missions seront renforcées, mais certainement dans le cadre dune mutualisation entre services, au niveau régional et dans le sens de la LOLF. De plus, il ressort des orientations actuelles que les collectivités territoriales seront de plus en plus sollicitées, par un renforcement de leurs pouvoirs (ex : police municipale) ou par la " contractualisation ", ainsi que le secteur privé, dans différents domaines supposés rester de la compétence étatique (ex: prévention de la délinquance, développement durable ). Si les projets de Monsieur SARKOZY aboutissent, les préfectures de département vont connaître tout particulièrement une politique que nous qualifierons d " ajustement structurel ", dans la droite ligne de la politique Reagano-Thatchérienne des années 80 (dont les citoyens français ont eu le temps de juger du caractère néfaste, et quils ne veulent pas !). De plus, " libéralisme " et libertés publiques ne font pas toujours bon ménage losuqe la " sécurité " prime tout. Pour résumer les orientations en cours ou à venir, il sagit très clairement dun démantèlement méthodique des préfectures, même le SAPAP et la CFDT ont dû en convenir, cest tout dire :
Tout cela représente des milliers de postes budgétaires... Quant aux sous-préfectures, il est question de mettre leurs locaux à la disposition d'autres services sans doute lEtat veut t-il les vendre pour renflouer ses caisses Soulignons ici que le projet de loi relatif au " développement des territoires ruraux " (il sagit comme dhabitude dune appellation trompeuse, qui affirme le contraire de son contenu), prévoit de multiplier des " Maisons des Services Publics " (MSP), combinant en leur sein des services publics et privés ! Jusquici les MSP expérimentales crées lont été par des communes ou des établissements intercommunaux, souvent grâce à des subventions européennes, et des travailleurs précaires à laccueil. Quel progrès ! Il sagit maintenant de généraliser cette " réussite ", et de confier désormais carrément des missions de service public à des débitants de tabac ou des épiciers, pendant que les administrations fermeront leurs portes! Signalons également que le Préfet de Charente, département " pilote " (comme la Savoie, la Corrèze et la Dordogne) pour " repenser lorganisation des services publics sur chaque territoire " a proposé le 8 janvier dernier au Ministre de la Fonction Publique de mettre en place un " réseau citoyen dagents publics "désignés par les sous-préfets (jeunes retraités ou inactifs, bénévoles), chargés de remplir une " mission de veille sociétale ", et " chargés de faire face à la carence en matière doffres de services publics ". Carence quil organise lui-même avec la bénédiction du gouvernement ! Jusquoù iront-ils ? Jusquoù les laissera ton aller ??? La coupe nest-elle pas pleine pour les fonctionnaires mais aussi pour les administrés ? Avec FORCE OUVRIERE, participez à linformation :
sur les véritables enjeux de la soit disant réforme de lEtat, qui nest ni plus ni moins que son démantèlement ! |